Repenser la différance sexuelle

Marie de Gandt, Apostolos Lampropoulos
couverture

En conceptualisant le refus de la binarité conceptuelle aussi bien que sexuelle, la déconstruction a ouvert la question de la différence sexuelle à son dépassement, et a contribué à la naissance des études de genre. Mais celles-ci, alors qu’elles formulent explicitement leur dette envers le French Feminism, se sont souvent avérées réticentes à entamer un dialogue systématique avec la déconstruction. La différance, concept introduit par Jacques Derrida dès les années 1960, n’a pas été perçue comme une réflexion sur la différence sexuelle. Est-ce faute d’avoir explicité ses liens conceptuels avec les pensées féministes ? Faire l’anarchive de la critique du « phallogocentrisme » implique de rouvrir les débats, héritages, ruptures et échanges qui ont irrigué la vie intellectuelle mondiale depuis plus d’un demi-siècle au point de constituer un des socles de notre pensée contemporaine. Alors que la déconstruction est critiquée comme participant d’une tradition philosophique occidentale, certaines traditions des études féministes sont aujourd’hui, elles aussi, parfois considérées comme dépassées, par des penseur.se.s du genre qui les disqualifient pour leur essentialisme limitant la possibilité d’une approche intersectionnelle. Pour approfondir ces débats, il est crucial de s’interroger sur l’actualité de la différance sexuelle aujourd’hui, en revenant à son creuset m/p-atriciel.

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