L'État et le terrorisme

Jérôme Ferret, Vincent Spenlehauer
couverture
« … Mais les chercheurs ne connaissent rien à la lutte anti-terroriste et au judiciaire. Ils ne connaissent rien à l’État, d'ailleurs. Ils ne s’y intéressent pas. »

Nous sommes au procès dit du « V13 », en 2022. Après la litanie des experts de la « radicalisation », la « religion », ce témoignage d’un ancien juge antiterroriste tranche et réveille une vieille intuition, une énigme formulée en son temps par Pierre Bourdieu : « L’État a pour effet de faire croire qu’il n’y a pas de problème de l’État. » Ou par Michel Foucault et sa volonté de savoir...

La question terroriste, rare mais si intense, transforme brutalement le cours de nos vies, de nos sociétés et les hante durablement. Elle produit des effets sociaux majeurs, soumet la cohésion sociale à une pression monstre. Pourtant, malgré les traumatismes successifs vécus par la société française et d'autres en Europe depuis les années 1960, une science sociale du terrorisme ne s’est jamais vraiment constituée. Rien n’a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur ce fait social qui, grâce notamment aux sciences sociales, se serait systématisée en une « science de l’État », laquelle, à son tour, ouvrirait la voie à une administration publique, collective, de cette violence.

Ce livre défend donc une thèse résolument originale : la violence terroriste qui veut nous anéantir n’y est pas appréhendée comme un phénomène exogène, importé ou relevant de supposées psychologies déviantes, « radicales », mais comme un fait social endogène, produit et révélateur des dynamiques internes des sociétés étatisées contemporaines.

 
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