Quoique synthétique, cet essai ne vise aucunement à présenter dans ses grandes lignes l’ensemble de la philosophie de Kant. Celle-ci est appréhendée à travers la problématique spécifique du transcendantal. Partant de l’hypothèse que ce concept condense l’esprit de la pensée du philosophe, l’auteur s’efforce d’en examiner ce qu’il recèle à la fois d’anticipation décisive et d’obédience plus ou moins assumée à la tradition de la métaphysique.
En portant une attention particulière aux trois Critiques, l’analyse croit pouvoir y déceler autant de hardiesse que de prudence. Car le transcendantal, qui fonde sur l’énergie propre des facultés, par un côté marque la rupture tant avec l’empirisme qu’avec l’innéisme en reconnaissant à l’esprit un pouvoir constituant (dans le domaine théorique), réalisateur (sur le plan pratique), régulateur dès qu’il s’agit des fins. Par l’autre côté, toutefois, il se heurte à une limite génétique : celle-ci n’est autre que la séparation des sensibles et des intelligibles, soit la transcendance dont le point culminant est Dieu.
Qu’il y ait de l’intelligible est une chose ; qu’il emprunte nécessairement le format d’un monde à part en est une autre. C’est proprement à la tension, potentiellement agonale, entre un transcendantal du monde et la transcendance de Dieu, que s’intéresse la présente recherche.
Michel Guérin (Auteur)
Michel Guérin, est l’auteur de nombreux ouvrages philosophiques s’inscrivant à l’enseigne d’une figurologie. Il a également publié chez Hermann André Leroi-Gourhan, l’Évolution ou la liberté contrainte et Le Signe et la touche (philosophie du toucher).
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