La chambre du milieu

De Hegel aux neurosciences

Catherine Malabou
couverture
Une chambre est un espace d'intimité et de tranquillité, accommodé pour le confort et l'agrément, le sommeil, la détente, le désir. Elle est le cadre habituel de la rêverie, de la prière, de la sexualité, de la récupération de la santé. Mais la chambre est aussi un lieu public, une assemblée (chambre haute, chambre basse, chambre des lords...), l'endroit où l'on débat, le coeur de la politique. C'est entre l'intimité et la publicité de la chambre, ouvrant un nouvel espace, entre les deux, une nouvelle chambre, que se déploie la méditation philosophique. La philosophie habite la chambre du milieu. Les textes qui dessinent ici l'architecture de cette chambre rassemblent les grandes étapes d'une aventure de pensée qui commence avec la dialectique, se poursuit avec la déconstruction, se prolonge avec les recherches actuelles sur le cerveau et la plasticité neuronale. À la fin du XXe siècle, le cerveau n'apparaît plus comme un organe dénué de fonction symbolique. Il devient le lieu même de la subjectivité. Quelles conséquences cette prise en compte d'un nouvel objet a-telle rétrospectivement sur les discours qui l'ignoraient ? En quoi la conscience de notre cerveau change-t-elle nos façons de lire et de comprendre une réalité qui prend de ce fait une nouvelle ampleur ? Les problèmes abordés ici différence, négativité, genres et sexes, régénération, membres fantôme esquissent le nouveau corps, biologique et politique, qui vient se loger dans la chambre.
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