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Éditions Hermann - Historique de la maison

En 1876, Arthur Hermann, professeur de mathématiques, s'installe à Paris, au 6, rue de la Sorbonne, pour y fonder la maison Hermann.

Il y vend des livres scientifiques et édite les oeuvres de ses amis mathématiciens ou physiciens - Cartan, Curie, Poincaré -. Son fils Jules qui lui succède publie, quant à lui, de nombreux catalogues, non plus d'éditeur, mais de libraire antiquaire.

À sa mort, en 1927, il est relayé par son gendre, Enrique Freyman, attaché culturel du Mexique et ami du peintre Diego Riviera. Celui-ci tourne le dos au commerce de livres anciens. Soutenu par Louis de Broglie, prix Nobel de Physique - qui lui fait connaître Langevin, Einstein et leurs épigones -, il fonde la collection "Actualités scientifiques et industrielles".

Il y publie des centaines d'oeuvres des grandes figures de la science, dont Bourbaki, Einstein, Monod, Sartre, Wiener.

Sous l'Occupation, entre la rue de la Sorbonne et le Jardin du Luxembourg, Freyman rencontre Pierre Berès, figure déjà célèbre de la haute bibliophilie et tout jeune éditeur de la plus grande lithographie en couleur jamais réalisée, La Fée électricité, de Raoul Dufy.

En 1956, peu après la mort de Freyman, ses héritiers cèdent la maison Hermann à Pierre Berès. Lancé dans un univers nouveau, celui-ci s'entoure des conseils de Georges Champetier, François Jacob et Jacques Monod.

Avec Edgar Lederer, il aborde la chimie des substances naturelles, et donne une impulsion nouvelle aux oeuvres de Bourbaki, tout en se nouant d'amitié avec Henri Cartan et Jean Dieudonné. Assisté du graphiste Adrian Frutigier qui anime alors la fonderie Deberny et Peignot, il redessine le parcours éditorial d'Hermann depuis sa fondation et publie en 1961 le premier catalogue du fonds.

Tout en rajeunissant l'esprit de la maison et en mettant l'accent sur sa rigueur, il étend son champ d'activité.

Il crée des revues scientifiques de renommée internationale ("L'Enseignement des sciences" et "Sciences") ainsi que de nombreuses collections : "Histoire de la pensée", avec Alexandre Koyré ; "Formation des enseignants et formation continue", avec le mathématicien Alain Bouvier ; "Méthodes", avec Pierre Aigrain et Pierre Favard.

En 1960, André Chastel et Pierre Berès fondent la somptueuse publication Art de France, et développent le secteur beaux-arts pour établir l'image bipolaire d'éditeurs des sciences et des arts.

La publication du premier livre consacré aux dessins d'André Masson est prétexte à une grande exposition parisienne. Viendra ensuite la fameuse collection "Miroirs de l'Art", connue pour avoir ouvert une voie nouvelle dans l'histoire de l'art...

...Parallèlement, en 1970, Michel Foucault crée la collection "Savoir", aux quatre registres : art, lettres, sciences, cultures, tandis que sont traduites les oeuvres de Karl Popper et publiés les textes de Jean-Pierre Faye, Marc Fumaroli et Jacqueline de Romilly.

Pierre Bérès poursuit également ses efforts pour développer le secteur scientifique. En médecine, Maurice Tubiana et Jacques-Louis Binet dirigent la collection "Ouverture médicale", une des premières collections grand public qui résument les acquis scientifiques et les conseils des grands spécialistes. En mathématiques, la collection 'Travaux en cours" voit le jour sous l'égide de Jean Dieudonné : elle rend compte des dernières évolutions de la recherche mathématique.

À la mort du mathématicien, celle-ci est continuée par Lê Dung Tràng, qui crée également la collection "Actualités mathématiques". C'est dans ce contexte que Claude Cohen-Tannoudji, prix Nobel de physique, écrit pour Hermann son fameux traité de Mécanique quantique. Ainsi, à la pointe de tous les savoirs, les éditions Hermann acquièrent sous la direction de Pierre Berès une image de qualité tant auprès des libraires que des lecteurs.

Depuis 2006, la maison est présidée par Arthur Cohen, que Pierre Berès a designé comme son successeur. Aidé par Philippe Fauvernier, directeur général depuis 2002, il s'entoure d'éminents intellectuels pour créer de nouvelles collections et redéfinir la politique éditoriale afin de donner une impulsion nouvelle à la maison.

Celle-ci connaît rapidement un nouvel essor, tant dans le secteur des lettres - qui vient accueillir un département de littérature générale -, que dans celui des sciences humaines - dont les parutions s'étendent désormais de la psychanalyse aux sciences sociales. En art, le catalogue, qui faisait déjà figure de référence en arts plastiques et en musique, s'enrichit d'une collection incontournable en danse.

Le département scientifique demeure l'un des fleurons de la maison. Le catalogue scientifique, qui comprend les publications de nombreux prix Nobel et médaille Fields (Jean Dieudonné, Claude Cohen-Tannoudji, Jean-Pierre Serre, Laurent Schwartz) s'est modernisé, notamment grâce au travail de l'équipe éditoriale. Les partenariats se multiplient : la BRGM, Action contre la faim et de nombreux éditeurs étrangers, notamment anglophones, construisent avec les éditions Hermann une relation de confiance.

Le dynamisme de la maison Hermann, conjuguée à son prestige, continue d'attirer la plupart des grands intellectuels d'aujourd'hui parmi lesquels Michel Serres, Philippe Sollers, André Comte-Sponville, Florence Delay, Bernard Diu ou Paul Badura-Skoda.

La politique éditoriale exigeante a été consacrée par l'Académie Française qui a octroyé en 2007 le Prix Eve Delacroix à Jacqueline Risset pour son très beau livre, Traduction et mémoire poétique. L'Académie des Sciences morales et politiques a aussi salué la qualité du livre l'Etat démocratique et ses dilemmes, de Ludivine Thiaw-Po-Une, en lui décernant le Prix Louis Cros 2007.