ISBN : 9782705662523
Ce recueil réunit vingt discours prononcés depuis cent ans par des avocats dans le cadre de la Conférence du stage : une institution créée au dix-huitième siècle et devenue, au début du vingtième, la plus grande école d’éloquence française.
Ces textes jettent l’éclairage d’une époque sur de grands procès, des questions littéraires ou des problèmes politiques. On y trouvera le monument réactionnaire anti-féministe prononcé par Camille Ducreux en 1897 – avant qu’une loi votée par le Parlement le 1er décembre 1900 permette, pour la première fois, à une femme, Jeanne Chauvin, de devenir avocat.
On peut y lire l’extraordinaire discours d’Edgar Faure sur le procès des Provinciales ou l’analyse des grands scandales d’une époque, comme l’affaire Stavisky, en 1934, par Thierry Lévy.
Toujours dans le domaine politique, voici l’exposé du procès de Louis XVI présenté en 1972 par Jean-Louis Faure, l’éloge de Robespierre prononcé en 1965 par William Acher, le procès de Charles I relaté en 1911 par Paul Reynaud, qui se venge de la droite sur le roi d’Angleterre après que les camelots du Roi l’eurent empêché de faire un discours sur Waldeck-Rousseau.
Outre l’évocation de ces affaires qui ont enflammé l’opinion, on saisit non seulement des paroles, mais une musique des mots qui datent chaque instant de l’Histoire. On assiste à la naissance de l’éloquence moderne avec le discours de Pierre de Chauveron sur l’affaire de l’empoisonneuse du dix-neuvième siècle, Mme Lafarge, on la voit se déployer dans les discours de Francisco Cabalerro, Jean-Denis Bredin ou Georges Kiejman. Sans oublier la plaidoirie imaginaire pour Sade présentée par Jean-Marie Biju-Duval, qui démontre que l’art oratoire permet de prononcer des mots inaudibles dès lors qu’ils sont portés par une force suffisante qui les développe.
Enfin, les amateurs lisant le discours de l’ancien garde des Sceaux, Michel Vauzelle, y verront comment l’humour peut se distiller de manière délicieuse dans l’alchimie de la plus grande simplicité.